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La Bourgogne-Franche-Comté atteint-elle la neutralité carbone ?

Dernière modification : 19 février 2026

La Bourgogne-Franche-Comté au défi de la neutralité carbone

Pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent atteindre leur pic au plus tard en 2025 et tendre vers la neutralité carbone d’ici 2050. En Bourgogne-Franche-Comté, malgré une baisse de 19 % des émissions entre 2008 et 2022, le rythme reste insuffisant pour atteindre les objectifs régionaux. Parallèlement, la capacité d’absorption du carbone des forêts et des sols s’affaiblit, accentuant le défi climatique régional.

Séquestration du carbone : préserver les capacité des milieux naturels

Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, il est nécessaire de pouvoir compter sur les milieux naturels pour séquestrer les émissions résiduelles de CO2 qui ne pourront être évitées. La Bourgogne-Franche-Comté est une région plutôt favorisée par la présence importante de forêts, prairies, bocages et zones humides, qui constituent des milieux favorables à la séquestration du carbone. Toutefois, cette absorption des émissions de CO2 par les sols et les forêts a nettement diminué depuis 2015.


Des émissions de gaz à effet de serre 10 fois supérieures à la capacité de séquestration

L’atteinte de la neutralité carbone en 2050 signifie ne pas émettre plus de carbone que la capacité d’absorption sur le territoire. Celle-ci est fournie par les puits de carbone que constituent les sols et les forêts.

En Bourgogne-Franche-Comté, les élus régionaux ont voté en 2021 une déclaration d’urgence climatique, après avoir adopté en 2020 le Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) qui vise une division par deux des émissions de GES sur le territoire d’ici 2030, et par cinq d’ici 2050.

Or, leur évolution est loin de la trajectoire attendue : avec 20 millions de tonnes en 2022, les émissions de GES ont diminué seulement de 19 % depuis 2008 (après correction des variations climatiques). Il faudrait multiplier le rythme de diminution par 3 pour atteindre les objectifs.

Avec 2,3 millions de tonnes séquestrées en 2022, la capacité d’absorption du carbone a par ailleurs considérablement diminué depuis 2015, notamment celle des forêts mises à mal par les sécheresses et les attaques de parasites. Celle des sols est pour sa part grignotée par leur artificialisation.

Des impacts du changement climatique qui s’accentuent

Les données climatiques montrent une accélération du réchauffement. En Bourgogne-Franche-Comté, un palier a été franchi dans les années 1987-88 durant lequel les températures moyennes ont augmenté de 1,2 °C. Depuis, les records se multiplient : étés les plus chauds (2003, 2022, 2025), été le plus sec (2022), températures extrêmes (41,6 °C à Auxerre en 2019), incendies (1 200 ha de végétation brûlés en 2022).

Cette évolution bouleverse à la fois les milieux naturels et notre économie, avec des impacts sur l’agriculture, la biodiversité, la forêt, les infrastructures et le tourisme. Elle menace notre santé et notre sécurité, avec l’émergence de maladies vectorielles, la hausse des risques liés à la chaleur et l’intensification des catastrophes naturelles comme les feux de forêt.

ll est ainsi essentiel de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre tout en s’adaptant et en rendant nos territoires plus résilients face aux événements climatiques.

Quelques impacts du changement climatique en Bourgogne-Franche-Comté
Quelques impacts du changement climatique en Bourgogne-Franche-Comté

Un puits net en fort recul depuis 2015

En 2022, les sols et les forêts se sont comportés globalement comme un puits net de carbone, séquestrant près de 2,3 millions de tonnes équivalent CO2 supplémentaires. La capacité d’absorption de CO2 varie selon l’occupation des sols. La forêt et les prairies ont ainsi été à l’origine d’absorptions supplémentaires, alors que les cultures, les zones artificialisées et, dans une moindre mesure, les zones humides, ont été responsables d’un déstockage de carbone.

Bilan des absorptions et émissions par milieu en Bourgogne-Franche-Comté en 2022
Bilan des absorptions et émissions par milieu en Bourgogne-Franche-Comté en 2022

Source : CITEPA
Traitement : ORECA BFC

Parallèlement, les activités sur le territoire régional ont émis l’équivalent de 20 millions de tonnes de CO2. Le puits net de carbone a ainsi compensé à peine 12 % des émissions de GES, l’objectif étant d’atteindre la neutralité carbone, c’est-à-dire 100 % en 2050.

Alors que ce puits net atteignait environ 9 millions de tonnes de CO2 dans les années 2000, une baisse marquée est observée depuis 2015. Le stock de carbone en place demeure important, mais sa croissance ralentit fortement : le puits net est passé de 6,7 millions de tonnes de CO2 en 2015 à 2,3 millions en 2022. Cette diminution résulte principalement du recul du puits forestier, directement affecté par les effets du changement climatique.

Face aux objectifs de neutralité carbone, ce déclin renforce la nécessité d’un effort accru dans les autres secteurs d’activité : les émissions de gaz à effet de serre n’ont reculé que de 19 % entre 2008 et 2022 (après correction des variations climatiques), ce qui montre l’ampleur du défi à venir.

Émissions de GES et puis net de carbone en Bourgogne-Franche-Comté
Émissions de GES et puis net de carbone en Bourgogne-Franche-Comté

Sources : ORECA (émissions GES) et CITEPA (puits de carbone)

Note de lecture

L’UTCATF prend une valeur négative en Bourgogne-Franche-Comté. Cela signifie que les sols et les forêts se sont comportés comme un puits net de CO2, c’est-à-dire qu’ils séquestrent chaque année un flux supplémentaire de CO2. En valeur absolue, l’UTCATF diminue fortement depuis 2015, ce qui signifie que ce flux supplémentaire s’amenuise.

Définition et méthodologie

Le secteur UTCATF (Utilisation des Terres, Changement d’Affectation des Terres et Foresterie) regroupe les émissions et absorptions de CO2 liées à l’usage des sols : croissance, mortalité et prélèvements forestiers, pratiques agricoles, déforestation, artificialisation ou conversion des prairies. Selon les évolutions observées, il peut être source ou puits net de carbone. Les calculs, fondés sur les méthodes du GIEC et mis en œuvre par le CITEPA, ont été actualisés en 2025 pour mieux représenter la mortalité forestière : les stocks de bois morts sont désormais estimés de manière dynamique, intégrant un stockage temporaire du carbone avant sa libération. Cette approche rend mieux compte de la temporalité des émissions. Ce secteur reste néanmoins soumis à d’importantes incertitudes, et ses résultats doivent être considérés comme des ordres de grandeur, notamment pour les variations d’une année sur l’autre.

Pour en savoir plus :


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