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Observatoire Régional et territorial Énergie Climat Air
de Bourgogne Franche-Comté

Quelle qualité de l’air extérieur en Bourgogne-Franche-Comté ?

Dernière modification : 6 février 2026

Une amélioration progressive

Les rejets dans l’air extérieur de la plupart des polluants réglementés ont diminué entre 2008 et 2022, amenant une amélioration progressive de la qualité de l’air. Toutefois, la pollution de l’air demeure un enjeu sanitaire majeur, avec des effets sur la santé et l’environnement.


Des émissions de polluants en baisse

Les émissions de dioxyde de soufre (SO2) issues majoritairement de l’industrie, ont été divisées par cinq entre 2008 et 2022. Les oxydes d’azote (NO2), dont la moitié provient des transports routiers, ont également diminué de moitié, grâce aux progrès technologiques sur les motorisations et au renouvellement du parc de véhicules.

Les composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) proviennent principalement de l’industrie manufacturière (usage de solvants, raffinage du pétrole, production de boissons alcoolisées, de pain...), et du secteur résidentiel (combustion de bois). Leurs émissions ont été divisées par 1,4 entre 2008 et 2022.

L’ammoniac (NH3) est un polluant majoritairement agricole, lié à l’élevage (formation à partir de l’urine et de la fermentation de la matière organique), et à l’épandage des lisiers et des engrais ammoniaqués. Ses émissions n’ont reculé que de 10 % entre 2008 et 2022, soulignant la nécessité d’accompagner l’évolution des pratiques agricoles pour limiter la volatilisation de l’ammoniac.

Parmi les particules en suspension, les particules très fines (PM2,5), d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres, sont les plus nocives pour la santé, car capables de pénétrer profondément dans l’organisme. Elles proviennent pour moitié des appareils domestiques de chauffage au bois, suivis par le transport routier, l’agriculture et l’industrie. Grâce aux efforts de dépollution des motorisations des véhicules et de modernisation des installations de chauffage, les émissions ont diminué de 42 % entre 2008 et 2022.

Toutefois, ces résultats n’intègrent pas les particules secondaires, issues de réactions physico-chimiques entre différents polluants gazeux dans l’atmosphère (NO2, SO2, NH3, COVNM…).

Évolution des émissions de polluants dans l'air entre 2008 et 2022
Évolution des émissions de polluants dans l'air entre 2008 et 2022

source : Atmo Bourgogne-Franche-Comté

Particules fines : Des valeurs qui dépassent les recommandations de l’OMS

Les concentrations mesurées en particules fines sont inférieures aux valeurs limites réglementaires européennes en vigueur. Cependant, les nouvelles normes adoptées en 2024 par l’Union européenne, applicables dès 2030, abaisseront la valeur limite des PM2,5 de 25 à 10 чg/m3. Avec ce nouveau seuil, certaines zones de la région seraient toutes proches du dépassement en 2024.

Par ailleurs, les concentrations observées ne respectent pas toujours les valeurs cibles plus ambitieuses fixées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis septembre 2021. Pour les particules fines d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres (PM2,5), ces valeurs sont régulièrement dépassées.
Ces dépassements se concentrent principalement dans les zones les plus densément peuplées, où les sources d’émissions sont les plus nombreuses, ainsi que dans les secteurs où ces poussières ont tendance à s’accumuler (fonds de vallées, zones encaissées ou à topographie complexe – comme c’est le cas de l’aire Urbaine Belfort-Montbéliard).

Avec l’abaissement de l’objectif de qualité recommandé par l’OMS à 5 microgrammes par m3 en 2021, la quasi-totalité du territoire régional se situe au-delà de cette recommandation.

En Bourgogne-Franche-Comté, les principaux secteurs émetteurs de particules PM2,5 sont le secteur résidentiel (53 %), les transports routiers (17 %), l’agriculture (15 %) et l’industrie manufacturière (12 %). La surveillance des particules PM2,5, effectuée sur des stations de diverses typologies, a montré en 2024 des niveaux un peu plus élevés sur les stations urbaines et celles sous influence du trafic.

Répartition de la moyenne annuelle en PM2,5 en 2024 (échelle avec seuil OMS 2021)
Répartition de la moyenne annuelle en PM2,5 en 2024 (échelle avec seuil OMS 2021)

Sources : Prev'Est, Atmo Bourgogne-Fanche-Comté, IGN BD TOPO
© Atmo Bourgogne-Franche-Comté

Zoom sur les objectifs de qualité de l’air dans le SRADDET

Le SRADDET a défini des objectifs en matière de qualité de l’air pour la Bourgogne-Franche-Comté à l’horizon 2050. Il s’est appuyé, pour cela, sur le Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (décret PREPA du 10 mai 2017) qui fixe des objectifs ambitieux de réduction à l’horizon 2030 pour le dioxyde de soufre, les oxydes d’azote, les composés organiques volatils non méthaniques, l’ammoniac et les particules PM2,5. Au-delà de 2030, les objectifs visés par le SRADDET ont pour ambition d’amener la qualité de l’air à un niveau répondant à l’ensemble des objectifs de qualité de l’OMS.

L’ozone : une pollution de fond en augmentation

Même inférieure aux valeurs limites réglementaires actuelles, une pollution de fond présente des impacts sanitaires à plus long terme en agissant par effet cumulatif. Cet effet est au final plus impactant que les pics de pollution selon les études de l’Institut national de veille sanitaire (INVS). C’est notamment le cas pour l’ozone, polluant secondaire qui se forme sous l’action des rayons du soleil : alors que les pics de pollution sont en diminution, les niveaux de fond sont en augmentation, accentués par le réchauffement climatique. De ce fait, ce polluant présente de nouveau un réel enjeu sanitaire.

La valeur cible pour la santé humaine est définie par le nombre de jours où la moyenne sur 8 h dépasse 120 чg/m3. Les zones habituellement les plus impactées sont celles où les activités humaines sont concentrées, étant donné qu’elles sont à l’origine des émissions des polluants précurseurs de l’ozone.

La valeur cible pour la santé humaine, en moyenne sur 3 ans, fait apparaître une zone de dépassements située notamment au centre-est de la région, côté ex-Franche-Comté, de Besançon à Lons-le-Saunier, ainsi que sur le secteur Belfort-Montbéliard.

L’ozone a également un impact sur la végétation (espaces naturels, cultures, forêts). Cela se traduit par la dégradation des végétaux, une baisse de productivité et une altération du potentiel de stockage de carbone des forêts. La valeur cible européenne pour la protection de la végétation est atteinte sur une large portion du territoire régional.

Nombre de jours de dépassement de la valeur cible pour la santé humaine en ozone en 2024 (moyenne sur 3 ans, seuil UE)
Nombre de jours de dépassement de la valeur cible pour la santé humaine en ozone en 2024 (moyenne sur 3 ans, seuil UE)

Sources : Prev'Est, Atmo Bourgogne-Franche-Comté, IGN BD TOPO
© Atmo Bourgogne-Franche-Comté

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