Quelles sont les consommations énergétiques de la région ?
Dernière modification : 23 février 2026
Avec 85 000 GWh consommés en 2022, la Bourgogne-Franche-Comté enregistre une baisse de 12 % de sa consommation d’énergie depuis 2008 (données corrigées des variations climatiques). Malgré le rebond post-crise sanitaire, la consommation reste légèrement inférieure à celle de 2020. La diminution dans les logements compense la nette hausse des transports, permettant de rester proche de l’objectif régional 2021.
Les transports routiers en tête des consommations d’énergie
Les transports routiers (fret et voyageurs) sont le premier poste de consommation d’énergie en 2022, avec 41 % du total régional, devant les logements (24 %) et l’industrie manufacturière (18 %). Depuis 2008, la part du transport routier a nettement progressé, tandis que celle des bâtiments recule et que l’industrie reste stable.
Les produits pétroliers demeurent la principale source d’énergie, représentant la moitié des consommations régionales, en hausse de 3 points depuis 2020, retrouvant ainsi leur niveau de 2008. L’électricité arrive en seconde position (21 %), suivie du gaz naturel (17 %).
Il s’agit ici des consommations finales d’énergie sur le territoire, c’est-à-dire l’énergie consommée par les utilisateurs finals - ménages, transports (voyageurs et marchandises), industrie, secteur tertiaire et agriculture. Il ne comptabilise pas les consommations liées à la transformation, au stockage ou à la distribution d’énergie par les producteurs d’énergie (ex : production de chaleur pour les réseaux de chauffage urbain), ni les usages d’énergies en tant que matière première (ex : pétrochimie).
Gigawattheure (GWh) : 1 GWh correspond à 1 000 mégawattheures (MWh) et représente la consommation annuelle moyenne d’électricité d’environ 200 logements.
Objectif 2021 dépassé pour les bâtiments, mais loin d’être atteint pour les transports
Les bâtiments résidentiels et tertiaires ont réduit leur consommation d’énergie au-delà des objectifs fixés par le SRADDET pour 2021, tandis que l’agriculture et l’industrie ont presque atteint leur cible. En revanche, les transports s’éloignent nettement de la trajectoire, avec une consommation supérieure de 13 % au niveau attendu.
Au total, la baisse globale de 10 % enregistrée entre 2012 (année de référence du SRADDET) et 2022 se rapproche de l’objectif de 13 %. Toutefois, des efforts accrus seront nécessaires pour tenir les échéances de 2026, 2030 et 2050, en particulier dans le secteur des transports.
L’évolution des consommations d’énergie est présentée à climat corrigé, c’est-à-dire ramenée à un climat moyen. Ce redressement est nécessaire pour les consommations d’énergie destinées au chauffage. Si par exemple un hiver est particulièrement doux, on effectue une correction des consommations effectives d’énergie pour obtenir la consommation qui aurait été celle d’un hiver « habituel ». Ce raisonnement à climat corrigé permet de comparer les niveaux de consommation d’une année sur l’autre en effaçant les conséquences des variations du climat.
Zoom sur les transports
Après une baisse des consommations de 13 % en 2020 en lien avec la crise sanitaire, les transports ont rebondi et leur niveau de consommation d’énergie dépasse en 2022 celui d’avant-crise. Ce rebond est surtout le fait du transport de marchandises qui dépasse de 9 % son niveau d’avant-crise, alors que le transport de voyageurs a diminué de 3 % depuis 2018.
La route domine toujours, portée par une hausse du fret
La route concentre 97 % de la consommation d’énergie des transports, une part en progression, alors que le ferroviaire recule de 3,6 % en 2008 à 2,3 % en 2022.
Les voitures particulières en représentent près de la moitié (45 %), tandis que les poids lourds gagnent du terrain : 37 % contre 34 % en 2008. Le trafic autoroutier à lui seul génère un tiers des consommations liées au transport routier.
Le fret représente plus de la moitié des consommations d’énergie
Après une hausse de 16 % entre 2020 et 2022, le fret représente désormais 52 % de la consommation d’énergie du secteur des transports. Les poids lourds et véhicules utilitaires sont responsables à eux seuls de 38 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur.
Adoptée en 2024, la stratégie régionale de la logistique vise à accélérer la transition énergétique du transport de marchandises à travers plusieurs axes :
Accompagner sa décarbonation, notamment celle du corridor Rhin-Rhône, axe stratégique dans lequel 88 % du transport se fait par la route ;
Optimiser le maillage des entrepôts à toutes les échelles territoriales ;
Renforcer l’exemplarité des acteurs publics via des achats plus durables ;
Sensibiliser les consommateurs à l’impact carbone du transport de leurs achats et encourager des comportements d’achat plus responsables.
Une décarbonation encore lente du parc automobile
La part du diesel recule (55 % des voitures particulières en 2024 contre 66 % en 2015), au profit de l’essence (38 %).
Les motorisations électriques et hybrides progressent, mais restent minoritaires : 6 % du parc seulement, dont 1,6 % de véhicules 100 % électriques. À ce rythme, l’électrique atteindrait 4,5 % en 2030, loin de l’objectif national de 15 %.
L’électrification seule ne suffira pas : la transition nécessitera aussi un changement des pratiques de mobilité et le développement des transports collectifs, du covoiturage et des mobilités douces.
Favoriser l’usage des transports en commun
Systématiser une stratégie de mobilité pour chaque collectivité
Faciliter l’engagement des employeurs dans les stratégies de mobilité décarbonée
Accompagner l’électrification des flottes de véhicules de service professionnels
Déployer efficacement les infrastructures de recharge pour les véhicules décarbonés
Coordonner et accompagner l’action des EPCI en faveur du développement du vélo
Conduire une action coordonnée au niveau régional pour l’accompagnement au changement de pratiques de mobilité
Concevoir une stratégie partagée pour les carburants alternatifs dans le transport de marchandises
Appuyer les projets de report modal du transport de marchandises à l’échelle régionale
Zoom sur les logements
Les logements absorbent près d’un quart des énergies consommées sur le territoire régional. Leur consommation recule régulièrement depuis 2008, tant en valeur totale qu’au mètre-carré, grâce aux rénovations énergétiques et à une utilisation plus sobre de l’énergie accentuée par la hausse des prix ces dernières années. Parallèlement, le recours au fioul diminue au profit des énergies renouvelables et de l’électricité.
Une performance énergétique des logements qui s’améliore
Corrigée des variations climatiques, la consommation moyenne d’énergie par m² a diminué de 14 % dans les logements entre 2008 et 2020, passant de 208 à 178 kWhEF par m² chauffé. Ceci traduit les efforts de rénovation énergétique, le recours à des équipements plus performants et les effets de la réglementation dans la construction neuve. Par ailleurs, l’augmentation des prix et les appels du Gouvernement à la sobriété en 2022 dans le contexte de guerre en Ukraine ont permis de poursuivre la tendance à la baisse.
Même si la Bourgogne-Franche-Comté compte encore une proportion de logements énergivores (étiquettes F et G) supérieure à la moyenne nationale, celle-ci a nettement diminué, passant de 26 % en 2018 à 18 % en 2024. Des efforts importants restent toutefois à faire car, en intégrant les logements classés E, ce sont 42,2 % des résidences principales potentiellement concernées par des restrictions de location d’ici 2034. À l’opposé, seuls 4,9 % des logements sont classés A ou B, contre 7,2 % en Métropole.
Des systèmes de chauffage qui évoluent vers les énergies renouvelables
En 2022, les logements consomment en premier lieu de l’électricité (33 %) et des énergies renouvelables (30 %).
La part de produits pétroliers a nettement diminué, passant de 23 % en 2008 à 11 % en 2022. En effet, en Bourgogne-Franche-Comté comme en France, le chauffage au fioul est de plus en plus délaissé et ne concerne plus que 14 % des résidences principales en 2021, soit 8 points de moins qu’en 2008.
Le recours au bois comme combustible principal ou à d’autres énergies renouvelables est plus développé dans la région (22 % contre 13 % pour la France) et s’est nettement développé (+5 points depuis 2008).
Structurer et déployer un accompagnement de qualité pour une rénovation performante du résidentiel privé
Structurer les filières professionnelles pour la rénovation des logements
Se doter d’outils de gestion et de maîtrise de la ressource foncière
Dynamiser les filières régionales de la bioconstruction
Adapter et diversifier l’offre de logements pour faciliter les parcours résidentiels et mieux répondre à l’évolution des besoins